Le silence d’un motard après un geste amical, c’est parfois plus qu’un simple oubli : cela pose une question de compréhension, de lien, de respect. Dans la jungle urbaine, les codes de remerciement n’obéissent à aucune règle gravée dans le marbre. Ils fluctuent selon les pays, les générations, les habitudes forgées au gré des kilomètres.
D’un côté, il y a les fervents du salut du pied, pour qui ce geste est un passage obligé. De l’autre, ceux qui préfèrent un signe de la main, plus sobre mais tout aussi expressif. Mais au fond, la gratitude entre conducteurs de deux-roues va bien au-delà d’un échange poli. Elle touche à la cohésion, à la sécurité, au respect qui, jour après jour, font la différence sur l’asphalte.
La Journée mondiale du Merci : une occasion à célébrer aussi sur deux roues
Le 11 janvier, la Journée mondiale du Merci met en lumière l’art de la reconnaissance dans nos échanges quotidiens. Les motards, eux aussi, s’approprient ce rituel. Sur la route, chaque remerciement à moto devient un signal, parfois discret, toujours porteur de sens. Entre le pied qui s’étire, la main gauche levée ou le simple hochement de tête, toute la palette des gestes motards vient enrichir ces interactions fugaces avec les autres usagers : automobilistes, routiers, chacun reçoit sa part d’attention.
La courtoisie et le respect sont bien plus que de jolis mots dans la vie des motards et automobilistes. Ce sont des remparts face au danger, des leviers pour un climat apaisé. En France, en Belgique, dès que le printemps pointe, les chiffres de la mortalité motarde grimpent. Les campagnes de sécurité routière rappellent sans relâche cette réalité. En Wallonie, la campagne Merci de m’avoir vu s’adresse directement à tous ceux qui partagent la route. Son credo : rendre visible, alerter, inviter à la vigilance. L’écho de ce message se fait plus fort encore lors de cette journée consacrée à la gratitude.
Voici ce que ces gestes de remerciement apportent concrètement sur la route :
- Remercier à moto, c’est resserrer les liens entre usagers et attirer l’attention sur sa présence.
- Un motard qui salue devient une silhouette remarquée, ce qui limite le risque de se faire oublier dans un angle mort.
- Transmis au fil des années, ces gestes mêlent tradition et sécurité à chaque instant.
Chacun peut choisir son geste, l’ajuster à la situation, mais une chose demeure : sur deux roues, la gratitude est loin d’être superflue. La route est un espace partagé, et le respect s’y construit, acte après acte.
Pourquoi la gratitude tient une place à part dans la culture motarde
Pour un motard, la gratitude prend une dimension particulière. La courtoisie n’est pas qu’une marque de bonne éducation : c’est un réflexe qui protège, un outil de prévention. À chaque remerciement adressé à un automobiliste, c’est un climat de confiance qui s’installe. Les deux-roues, moins visibles que les voitures, affrontent un risque accru d’accident. Les chiffres sont éloquents : le défaut de perception visuelle de la part des automobilistes reste une cause majeure d’accrochages. Un motard oublié dans l’angle mort, c’est une alerte immédiate.
Dans ce contexte, le remerciement devient un fil qui relie les usagers. Il rappelle que le motard est là, il valorise l’attention de l’autre. La communauté motarde s’est forgée autour de ses propres codes gestuels, fruits de l’expérience et d’une solidarité naturelle. Au croisement, lors d’un dépassement facilité, le pied s’étire, la main gauche salue, la tête s’incline. Ces signaux, souvent imperceptibles pour les non-initiés, cimentent le groupe.
Quelques réalités concrètes viennent éclairer ce rapport particulier à la gratitude :
- Les collisions impliquant un motard proviennent fréquemment d’un défaut de visibilité.
- Sur la route, la courtoisie devient un réflexe qui sauve, mais aussi un signe d’appartenance à la communauté.
- Remercier, c’est encourager la vigilance des autres et renforcer leur attention à ce qui se passe autour d’eux.
Dans la trace d’une moto, la gratitude n’a rien d’un spectacle. Elle se transmet, elle s’apprend, parce que le respect mutuel protège autant qu’un casque bien attaché ou un blouson renforcé.
Quels sont les gestes et codes pour remercier à moto sans se tromper ?
Le langage des motards repose sur des gestes clairs, hérités d’une tradition vivace. Parmi eux, le salut de la main gauche occupe une place de choix. C’est le geste spontané pour remercier un autre motard ou attirer l’attention. Il s’exécute dès que la main gauche peut quitter le guidon, hors des moments de freinage ou d’embrayage.
Lorsque la circulation devient plus dense ou sur autoroute, la jambe tendue remplace la main. Ce code, adopté en France comme en Belgique, permet de remercier sans sacrifier la maîtrise du guidon. Il faut toutefois rester attentif : la jambe tendue peut aussi signaler un danger sur la chaussée (gravillons, plaque d’huile, nid-de-poule). Chaque geste doit donc être lisible et adapté à la situation.
Pour mieux comprendre ces différents codes, voici les principaux gestes utilisés par les motards :
- Saluer de la main gauche : parfait entre motards, lors d’un croisement ou d’un dépassement.
- Jambe ou pied droit tendu : geste de remerciement sans lâcher le guidon, surtout sur autoroute.
- Appel de phare : utilisé principalement pour prévenir d’un risque ou signaler un contrôle, assez rarement pour remercier.
Ces gestes font partie intégrante de la formation moto et sont abordés à l’examen plateau. Ils s’inscrivent au cœur de la culture motarde. À chaque remerciement, il convient de préserver la distance de sécurité et de ne jamais prendre le moindre risque. La courtoisie perd tout son sens si elle met en danger, que ce soit le motard ou les autres usagers.
Petites histoires et grands moments : quand dire merci rapproche les motards
Sur la route comme lors des virées collectives, le remerciement resserre les rangs entre motards. Un geste, un signe, parfois un simple regard, suffisent à rappeler qu’on appartient à la même famille de passionnés. Prenons l’exemple de l’association MEV (Motards en Vadrouille). Chaque année, Laurence et Anne, deux bénévoles bien connues, organisent le Jumbo du Muguet : une sortie en side-car dédiée à des résidents en situation de handicap. Ce jour-là, la gratitude se lit dans les regards, mais aussi dans le livre d’or où chacun, motard ou invité, couche quelques lignes après le périple.
Les balades de groupe, loin d’être de simples traditions, deviennent alors le théâtre de solidarités bien réelles. Pas de faux-semblant : les remerciements, qu’ils viennent d’un passager touché ou d’un compagnon de route, prennent la forme d’un clin d’œil, d’une poignée de main à l’arrivée. Tout le monde sait que le plaisir de rouler ensemble l’emporte sur la performance ou la distance avalée.
Ce climat de courtoisie se retrouve sur toutes les routes. Un motard laisse passer une file, un automobiliste s’écarte pour faciliter un dépassement… Les échanges se font en quelques secondes, mais la reconnaissance, elle, s’imprime durablement. La culture motarde prospère grâce à ces gestes simples, ces attentions discrètes qui rendent la gratitude bien plus vivante qu’un simple automatisme.
Sur l’asphalte, motardes et motards continuent d’écrire leurs plus belles pages au rythme de ces gestes partagés. Un signe, un merci, et la route se fait un peu moins anonyme.


